Combien de m² par poste de travail ?
Trois configurations, trois repères. Un bureau individuel cloisonné se calcule sur 10 m² par personne. Un bureau collectif ordinaire, où plusieurs postes partagent une même pièce sans forte contrainte sonore, monte à 11 m². Un open space où l'on téléphone beaucoup ou où les échanges sont fréquents demande 15 m² : le bruit ambiant impose plus de distance entre les postes, pas seulement plus de place pour le mobilier.
Ces chiffres sortent de la norme NF X 35-102 et de la fiche INRS ED 807, les références que les bureaux d'études et les agenceurs utilisent pour dimensionner un projet avant de dessiner le premier poste.
Une exigence supplémentaire : le volume d'air
L'INRS ne fixe pas qu'une surface : elle demande aussi un volume d'air d'au moins 10 m³ par personne, et 4 m² de surface librement accessible par poste, une fois retirés le mobilier et les rangements. Un bureau qui respecte les 10 m² sur le papier peut donc rester sous la norme si une bonne partie de la pièce est occupée par des meubles hauts ou du stockage.
C'est ce chiffre de surface libre, plus que le mètre carré brut, qui détermine si un poste se sent à l'étroit une fois le mobilier installé.
Ce que le code du travail impose
Le code du travail ne fixe aucune surface minimale par poste de travail. Il impose des obligations générales : une aération suffisante, un éclairage naturel ou artificiel adapté, la sécurité incendie, et un confort acoustique correct. Les 10, 11 et 15 m² ne sont donc pas une loi qu'un contrôle viendrait vérifier, mais la référence professionnelle qui évite de sous-dimensionner un projet.
Un bureau qui n'accueille que ses salariés relève de ce cadre, pas de la réglementation ERP (établissements recevant du public) réservée aux locaux ouverts à une clientèle extérieure. Un accueil ou un showroom attenant au bureau peut en revanche basculer en ERP : c'est alors ce local-là, et non le bureau lui-même, qui doit s'y conformer.

